Les études de cas
Le 10 septembre 2009
Gabrielle, vers un comportement à Haute Qualité Economique
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abrielle est consultante dans un cabinet de conseil. Elle fait partie d’un groupe REX (Retour d’Expérience) qui s’est constitué à l’issue d’un séminaire de découverte Vive l’Incompétence. Toutes les deux semaines elle rejoint un groupe de professionnels en quête d’une meilleure compréhension de leur comportement et de solutions concrètes dans des situations sur lesquelles ils bloquent.
Ce jour-là Gabrielle est fatiguée. Elle est dépassée par sa charge de travail. Elle travaille chez elle le week-end ou pendant les vacances pour rattraper le retard. Son problème du jour : elle doit prendre quelques jours d’arrêt de maladie pour subir une petite intervention chirurgicale. Rien de bien grave mais elle se demande comment elle va gérer cet arrêt et redoute déjà la charge de travail qui va s’accumuler pendant son absence. Elle décide donc qu’elle emmènera des dossiers avec elle et qu’elle s’y remettra dès le lendemain de son intervention. Décidément Gabrielle semble tenir à travailler coûte que coûte même lorsque son corps lui signale la nécessité d’un arrêt.
Il faut un peu de temps pour que Gabrielle convienne progressivement à quel point cette surcharge de travail est vitale (sic) pour elle. Un peu de temps aussi pour voir comment son cycle d’incompétence la conduit à croire que seule cette charge de travail est la condition pour qu’elle soit enfin acceptée comme consultante à part entière dans son équipe. Car contrairement aux autres consultants, son parcours et son profil sont atypiques. Rentrée comme assistante, elle a fait preuve de plus d’autonomie et de maturité passant de missions de secrétariat à des missions de conseil en autonomie. Sa véritable peur aujourd’hui n’est donc pas tant la charge de travail qui va s’accumuler que la perte de légitimité que cet arrêt de maladie risque d’induire si elle ne travaille plus. Légitimité qu’elle recherche
dans une débauche d’énergie qui lui donne sans cesse la sensation d’être dans l’urgence, condition sine qua non, selon elle, pour être considérée comme une consultante à part entière. Merveilleux stratagème du cycle d’incompétence. Se voyant ainsi à l’œuvre, Gabrielle accède peu à peu à des solutions différentes : elle va demander de l’aide. De fil en aiguille du dialogue entre elle et l’animateur elle débouche sur une façon de demander du soutien sans rien perdre de sa légitimité…bien au contraire. Et le résultat auquel elle aboutit permet l’expérimentation au sein de son cabinet d’un nouvel outil : le plan de solidarité professionnelle.
Ce plan a pour objectif d’organiser une entraide professionnelle au sein d’une entreprise. Il s’appuie sur la performance collective pour rechercher des réponses satisfaisantes à un sentiment d’incompétence individuel. Il peut être activé dès lors qu’un salarié se trouve en difficulté et en position de ne plus pouvoir assumer seul l’ensemble de sa mission pour une raison temporaire (Surcharge de travail, congé maladie…) ou permanente et s’agence en 5 étapes. Première étape, dès lors qu’un salarié répond aux conditions de mise en œuvre du PSP, il fait une liste exhaustive des missions et des tâches pour lesquelles il est responsable. Deuxième étape, pour chacune de ces tâches, il détermine ce qu’il est en mesure de faire seul à sa juste mesure sans désengagement total ni surestimation de ses moyens et indique le degré d’urgence de ces missions. Troisième étape, pour tout ce qu’il n’est pas (plus) en mesure d’assurer, il formule une demande d’aide précise. Quatrième étape, la demande d’aide est diffusée au reste de l’équipe ou de l’entreprise. Chacun se positionne alors clairement sur cette demande avec la possibilité de rendre service ou non sans aucune justification. Dernière étape, chaque proposition d’aide fait office d’engagement jusqu’au rétablissement d’un équilibre.
La solution trouvée par Gabrielle et l’outil qui en découle est caractéristique du cycle de performance. Le PSP est un outil à Haute Qualité Economique car il répond aux 5 critères de ces comportements :
Solidaire : Il met en place une relation de solidarité entre les salariés qui produit une meilleure performance individuelle et collective.
Innovant : Il propose une solution collective nouvelle à des sentiments d’incompétence individuelle du type : Je suis débordé, je suis indispensable etc et facilite une demande d’aide responsable
Réducteur de coût caché : Il évite des situations de stress, d’usure, d’urgence professionnel cause de sous-performance et de coût cachés
Econome de parole : Il nécessite une formulation de besoins précis et évite des discussions et des débats inutiles sur qui fait quoi et comment.
100% Responsable : Il incite la personne qui fait appel au PSP à ne pas se décharger totalement sur le collectif où à persister à tout vouloir faire seule au prix d’un épuisement professionnel inutile.
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